Kinshasa, 18 septembre 2019 (ACP).- Le président français Emmanuel Macron s’est  rendu mercredi en Italie afin d’apaiser les relations entre les deux pays, mises à mal ces derniers mois, ont rapporté des agences de presse internationales. Ces sources affirment qu’Emmanuel Macron est le premier dirigeant étranger à être accueilli à Rome depuis la mise en place du gouvernement Conte II.

Cela faisait partie des priorités du président français, Paris souhaitant relancer une « bonne coopération » avec les autorités italiennes après les turbulences de la période Salvini. Dans l’entourage du chef de l’État, on prend cependant soin de bien expliquer que ce rendez-vous s’inscrit dans l’agenda européen d’Emmanuel Macron et surtout, qu’il n’a pas pour objet de porter un «jugement» sur le débat politique en Italie ou le départ de Matteo Salvini du gouvernement. Ce débat appartient aux Italiens, dit-on à l’Élysée.

Emmanuel Macron veut ainsi éviter de donner des arguments aux adversaires de Giuseppe Conte qui accusent son gouvernement de coalition d’être une sorte de « créature » dirigée de l’extérieur, autrement dit de Paris, Berlin et Bruxelles. Par ailleurs, les mêmes sources précisent qu’Emmanuel Macron espère malgré tout profiter du nouveau contexte politique en Italie pour avancer sur les questions économiques et budgétaires.

Concernant le déficit par exemple, les deux hommes pourraient convenir d’unir leurs efforts pour tenter d’obtenir plus de souplesse de la part des tenants de la rigueur budgétaire pure et dure. Mais le président français espère aussi avancer sur le sujet des migrations. Le dossier a été source de tensions entre les deux pays, l’ex-ministre italien de l’Intérieur et chef de la Ligue (extrême droite) Matteo Salvini ayant à plusieurs reprises accusé le chef de l’État français d’« arrogance » et d’« hypocrisie » en la matière.

Sur cet éternel sujet de discorde, les avancées semblent aujourd’hui possibles. L’Italie, appuyée par la France, souhaite imposer un système de répartition automatique des demandeurs d’asile secourus en Méditerranée. La question sera étudiée lundi prochain à Malte par les ministres de l’Intérieur de l’Union européenne. Ce dispositif serait temporaire, dans l’attente de la renégociation du règlement européen de Dublin réclamé depuis des années par Rome. « Ce ne sera pas facile, avertit Giuseppe Bettoni, professeur à l’université de Rome Tor Vergata.

Les Hongrois se sont déjà exprimés contre. Ils voudraient que soient élevés des murs encore plus grands. » Signe d’un infléchissement de la politique italienne, un navire humanitaire avec 82 migrants à bord a été autorisé à débarquer sur l’île de Lampedusa en fin de semaine dernière. Avec le départ de Matteo Salvini, l’éternel sujet de friction entre Paris et Rome pourrait bien se muer en tentative de trouver des solutions communes. Du côté des humanitaires, SOS Méditerranée se félicite « du signe qu’a donné l’Italie de son retour à la table des négociations européennes ». ACP/Kayu/KJI/JLL/CKM/NKV

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